Cumberland Sausage
Saucisse en spirale continue, jamais sectionnée à l’embossage, pouvant atteindre cinquante centimètres de long. Protégée par une IGP depuis 2011. Le hachage est grossier, le poivrage généreux.
| Épaule de porc maigre | 850 g |
| Lard gras | 150 g |
| Sel fin | 18 g |
| Poivre noir concassé | 5 g |
| Poivre blanc moulu | 2 g |
| Muscade râpée | 2 g |
| Macis moulu | 1 g |
| Sauge séchée | 2 g |
| Thym séché | 1 g |
| Chapelure sèche | 30 g |
| Eau glacée | 60 ml |
| Boyau de porc (Ø 32-36 mm) | — |
- Préparation : un minimum de 80% de viande de porc. Couper en cubes et refroidir.
- Hachage : Hacher grossièrement à la grille de 10 à 12 mm. Le hachage grossier est caractéristique et obligatoire selon l’IGP.
- Assaisonnement : Le poivre doit être abondant. Mélanger la chapelure humidifiée avec l’eau, les épices et les viandes. Pétrir sans écraser les morceaux.
- Embossage : Embosser dans le boyau en formant une longue saucisse continue, non divisée en portions. L’enrouler en spirale plate caractéristique.
- Cuisson : Griller ou poêler la spirale entière, ou la détailler après cuisson. Cuire 20-25 minutes. Servir avec de la purée et des oignons.
La Cumberland sausage se reconnaît avant tout à sa forme : une spirale continue, sans subdivision en portions, pouvant atteindre 50 centimètres de long. Cette présentation n’est pas décorative : elle découle directement de la technique d’embossage traditionnelle du Cumberland, où la saucisse était façonnée en un long ruban enroulé sur elle-même, puis maintenue par une broche de bois avant la cuisson à la poêle ou au gril. La spirale permet une cuisson homogène sans retournement répété et constitue aujourd’hui l’un des critères de l’IGP : une Cumberland sausage présentée en portions individuelles est, techniquement, une saucisse de style Cumberland, pas une Cumberland.
L’IGP obtenue en 2011 impose un cahier des charges strict : fabrication obligatoire en Cumbria, minimum de 80 % de viande de porc, hachage grossier (la mêlée ne doit pas être émulsionnée), présentation en spirale, absence de colorants et de conservateurs. Le poivre noir grossièrement concassé est sa signature aromatique, une générosité en poivre qui tranche avec la discrétion habituelle des saucisses britanniques.
Cette abondance d’épices a une explication historique plausible. Whitehaven, port de la côte ouest de la Cumbria, fut au XVIIIe siècle l’un des ports marchands les plus actifs de Grande-Bretagne, troisième du royaume après Londres et Bristol à son apogée. Il était une plaque tournante du commerce transatlantique : tabac de Virginie, sucre des Antilles et, surtout, épices — poivre, muscade, piment de la Jamaïque — en provenance directe des colonies. Les charcutiers du Cumberland avaient ainsi accès à des épices à des prix et en quantités que leurs homologues de l’intérieur n’auraient pas envisagés. Le profil aromatique de la Cumberland sausage, poivré, vif, légèrement exotique pour une saucisse britannique, porte peut-être la mémoire de ce commerce maritime.
La rivalité entre la Cumberland et la Lincolnshire sausage est l’une des querelles culinaires les plus persistantes du Royaume-Uni. La première mise sur le poivre et les épices ; la seconde sur la sauge fraîche. Les deux revendiquent le titre de meilleure saucisse de petit-déjeuner anglais. Les concours annuels, Great Sausage Competition et ses variantes régionales, réunissent chaque année des centaines de participants des deux styles, devant des jurys spécialisés. Ces événements sont suivis par la presse régionale avec un sérieux qui reflète l’ancrage identitaire de la saucisse dans les comtés anglais.
Le livre
Les 144 recettes et leurs histoires, réunies en un seul volume.