Boerewors
Saucisse en spirale continue, héritée de la colonisation de l’Afrique du Sud au XVIIe siècle, dont la composition est protégée par un règlement de 1990. On ne coupe jamais le boyau avant la cuisson au braai.
| Bœuf maigre (paleron ou gîte) | 600 g |
| Porc maigre (épaule) | 200 g |
| Gras de bœuf ou de porc | 200 g |
| Sel fin | 20 g |
| Graines de coriandre grillées et moulues | 15 g |
| Poivre noir moulu | 3 g |
| Clou de girofle moulu | 1 g |
| Muscade râpée | 2 g |
| Piment de la Jamaïque moulu | 1 g |
| Vinaigre de vin ou de malt | 30 ml |
| Boyau de porc (Ø 36-40 mm) | — |
- Préparation : Couper les viandes et le gras en cubes de 2 à 3 cm. Refroidir.
- Grillage de la coriandre : Faire griller les graines de coriandre à sec jusqu’à ce qu’elles embaument, puis les moudre.
- Hachage : Hacher à la grille de 6 à 8 mm pour une texture grossière traditionnelle.
- Assaisonnement : Mélanger toutes les épices avec le vinaigre. Incorporer aux viandes. Pétrir brièvement pour éviter de surchauffer.
- Repos : Réfrigérer pendant 4 à 12 heures.
- Embossage : Embosser dans les boyaux de bœuf en formant une longue saucisse continue. Enrouler en spirale (caractéristique).
- Braai : Griller sur des braises de bois dur pendant 15 à 20 minutes en retournant régulièrement. Ne jamais piquer.
Le nom boerewors associe l’afrikaans boer (fermier) et wors (saucisse). C’est l’une des rares saucisses au monde dont la composition est protégée par la loi : un règlement gouvernemental de 1990 impose notamment un minimum de 90 % de viande, un maximum de 30 % de matière grasse, et l’interdiction d’ajouter des protéines végétales ou laitières. La coriandre fraîchement moulue, présente dans la quasi-totalité des boerewors commercialisés, n’est pas imposée par le texte mais tient du consensus professionnel hérité de la tradition néerlandaise. Un produit qui ne respecte pas les exigences légales ne peut pas porter ce nom.
Son histoire remonte aux colons néerlandais, allemands et huguenots français qui s’installèrent au Cap à partir de 1652. Ils apportèrent les techniques charcutières d’Europe du Nord et les épices du commerce indo-pacifique transitant par le Cap : coriandre, muscade, clou de girofle, poivre. La coriandre, l’une des épices les moins onéreuses disponibles au Cap aux XVIIe et XVIIIe siècles, s’imposa massivement. Ses huiles essentielles, libérées par la mouture, pénètrent rapidement dans la viande et s’y fixent durablement à la cuisson. Un boerewors grillé sans coriandre n’est pas un boerewors.
Le braai est son cadre naturel. Ce barbecue social, dont le terme vient de l’afrikaans braaivleis (viande grillée), est bien plus qu’une technique de cuisson en Afrique du Sud : c’est un rituel communautaire qui transcende les origines ethniques et les classes sociales. Le boerewors s’y grille obligatoirement en spirale continue, sans jamais couper le boyau avant cuisson, car la coupure ferait fuir les jus et les graisses épicées. Il se sert dans un petit pain rond (boerie roll) avec du chakalaka (un condiment pimenté, qui serait né dans les townships, à base de haricots et de légumes).
Le livre
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