Les Voyages de la Saucisse FR · EN
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Nº 092 / 144

Chuchuk (Чучук)

Asie centrale, Caucase et monde turcique / Kirghizistan

Équivalent kirghize du kazy kazakh : saucisse de cheval embossée dans le gros intestin, bouillie et servie lors des fêtes nomades. Plus grasse que la version kazakhe.

Ingrédients (pour 1 kg de mêlée)
Viande de cheval maigre250 g
Sel fin25 g
Cumin sauvage moulu (zira)10 g
Ail frais écrasé10 g
Poivre noir concassé5 g
Oignon râpé (facultatif)30 g
Flanc de cheval avec graisse750 g
Gros intestin de cheval (ou de bœuf)—
Recette
  1. Préparation : Couper le flanc de cheval en bandes de 4 à 5 cm de large. La viande maigre peut être hachée grossièrement au couteau et mélangée aux bandes de flanc pour combler les espaces dans l’intestin.
  2. Assaisonnement : Frotter généreusement la viande avec le sel, le cumin, l’ail et le poivre. Ajouter l’oignon râpé si utilisé. Laisser mariner 24 heures au frais.
  3. Nettoyage de l’intestin : Nettoyer le gros intestin de cheval à l’eau froide salée en le retournant et en le grattant soigneusement. Le gros intestin, plus épais que le grêle, donne au chuchuk sa forme caractéristique — plus volumineuse que le kazy standard.
  4. Embossage : Introduire les bandes de viande dans le gros intestin, puis bien tasser. Ficeler les extrémités solidement. Le chuchuk doit avoir un diamètre de 6 à 8 cm.
  5. Cuisson : Plonger dans l’eau froide. Porter lentement à ébullition en écumant régulièrement. Cuire à frémissement doux pendant 2 heures 30 à 3 heures selon l’épaisseur.
  6. Refroidissement : Laisser refroidir dans le bouillon. Ce bouillon, parfumé et riche en gélatine, est consommé séparément comme soupe.
  7. Service : Trancher en rondelles épaisses de 2 à 3 cm. Servir chaud avec des nouilles plates (beshbarmak) et des oignons fondus au beurre, ou froid en entrée avec du sel et du vinaigre.
Notes

Le chuchuk est l’équivalent kirghize du kazy kazakh, avec lequel il partage l’origine, la matière première et la dimension festive. La différence tient au boyau : le chuchuk emploie le gros intestin du cheval, plus épais et plus gélatineux que l’intestin grêle utilisé pour le kazy, ce qui lui confère un format plus imposant. Dans la tradition kirghize, la taille du chuchuk est un indicateur de la générosité de l’hôte.

Le mot chuchuk appartient à la même famille étymologique que le shuzhuk kazakh et le sucuk turc, ce qui confirme une origine commune dans les traditions des peuples turcs nomades. Les premières descriptions ethnographiques figurent dans des sources russes du XIXe siècle.

La paroi gélatineuse du gros intestin nécessite un pochage plus long que celui du kazy pour s’attendrir sans éclater. Le bouillon de cuisson, riche en gélatine et parfumé au cumin et à la viande chevaline, est consommé séparément comme soupe, rien de la carcasse n’étant perdu dans la tradition du soğım. Les variantes régionales portent sur la proportion d’ail et l’ajout facultatif d’oignon râpé, plus fréquent dans le sud du pays, autour d’Osh et de Jalal-Abad.

Le Naadam, les Jeux nationaux kirghizes associant la lutte, l’équitation et le tir à l’arc, est le cadre festif par excellence du chuchuk. Les familles qui accueillent des cavaliers et des lutteurs servent le chuchuk en rondelles épaisses, avec du beshbarmak et des oignons fondus au beurre. Il figure aussi lors des mariages, des circoncisions et des cérémonies de deuil.

Le livre

Les 144 recettes et leurs histoires, réunies en un seul volume.

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