Hot-Dog / Frankfurter Américain
Descendant du Frankfurter würstchen, il a été transformé par la standardisation industrielle américaine au point que ses créateurs ne le reconnaîtraient plus.
| Bœuf maigre (ou porc, ou mélange) | 600 g |
| Gras de bœuf ou porc | 300 g |
| Glace pilée | 100 g |
| Sel fin | 18 g |
| Sel nitrité (Prague Powder #1) | 2,5 g |
| Sucre | 5 g |
| Paprika doux | 6 g |
| Ail en poudre | 3 g |
| Oignon en poudre | 2 g |
| Coriandre moulue | 2 g |
| Muscade râpée | 1 g |
| Poivre blanc moulu | 2 g |
| Boyau de mouton (Ø 22-24 mm) | — |
- Préparation : Couper les viandes et le gras en cubes. Congeler partiellement à -3 °C pour faciliter l’émulsion.
- Broyage initial : Hacher les viandes à la grille de 6 mm.
- Émulsion : Au cutter ou au robot puissant, mixer les viandes avec le sel nitrité, le sel et les épices. Ajouter la glace pilée progressivement en mixant jusqu’à obtenir une pâte très fine et collante (température < 12 °C).
- Test : La mêlée doit être lisse et coller aux doigts. Si elle se sépare, elle est trop chaude.
- Embossage : Embosser dans les boyaux de mouton fins. Former des saucisses de 15 cm.
- Repos : Réfrigérer pendant 12 heures pour permettre au goût et à la couleur de se développer.
- Fumage et cuisson : Fumer à chaud à 65 °C pendant 1 heure, puis augmenter à 75 °C jusqu’à atteindre 68 °C à cœur.
- Refroidissement : Plonger immédiatement dans l’eau glacée. Réfrigérer.
Le hot-dog descend de la Frankfurter würstchen allemande (voir cette fiche). Ce qui sépare la version américaine de l’original, c’est sa trajectoire industrielle : en traversant l’Atlantique au XIXe siècle dans les bagages des immigrants allemands et alsaciens, la Frankfurter s’est transformée en un produit standardisé, souvent embossé dans un boyau synthétique puis dégainé (skinless), fabriqué à partir de mélanges de bœuf, de porc et parfois de volaille. Les versions premium (all-beef, en boyau naturel de mouton) restent les plus proches de l’ancêtre germanique, mais ne représentent qu’une fraction du marché.
En 1867, Charles Feltman, un immigrant allemand arrivé à New York en 1856, commença à vendre des saucisses dans des petits pains depuis un chariot sur la plage de Coney Island. Ses Coney Island Red Hots connurent un tel succès qu’il bâtit un complexe de restauration qui, à son apogée dans les années 1920, servait près de cinq millions de clients par an. En 1916, Nathan Handwerker, un immigrant juif polonais qui travaillait chez Feltman’s comme coupeur de pain, ouvrit son propre stand avec 300 dollars d’économies et vendit ses hot-dogs à moitié prix. Pour vaincre la méfiance des clients, il fit porter des blouses de chirurgien à des figurants qui mangeaient ostensiblement à son stand. Nathan’s Famous était né. Feltman’s ferma en 1954 ; Nathan’s est toujours présent au même coin de rue.
Le NHDSC (National Hot-Dog and Sausage Council) estime que les Américains consomment environ 20 milliards de hot-dogs par an, dont 150 millions le seul jour du 4 juillet. Ces chiffres, régulièrement contestés, sont néanmoins révélateurs : aucune autre saucisse, dans aucun autre pays, n’atteint ces ordres de grandeur.
En 1939, le président Roosevelt servit des hot-dogs de Nathan’s au roi George VI et à la reine Élisabeth lors d’un pique-nique à Hyde Park, geste délibérément populaire destiné à montrer aux souverains britanniques que l’Amérique n’avait pas besoin de protocole pour recevoir.
Le livre
Les 144 recettes et leurs histoires, réunies en un seul volume.