Saucisse de Strasbourg (Knack)
Saucisse fine alsacienne à la peau craquante, légèrement fumée au bois de hêtre. C’est la saucisse la plus consommée en France, après la saucisse de Toulouse, et une saucisse incontournable de la choucroute.
| Porc maigre (épaule) | 500 g |
| Bœuf maigre | 300 g |
| Lard de dos | 200 g |
| Sel nitrité | 20 g |
| Poivre blanc moulu | 2 g |
| Muscade râpée | 1 g |
| Cardamome moulue | 0,5 g |
| Coriandre moulue | 0,5 g |
| Eau glacée | 80 ml |
| Boyau de mouton (Ø 22-26 mm) | — |
- Préparation : Couper les viandes en cubes. Congeler partiellement à -3 °C.
- Hachage : Hacher très finement au cutter, en incorporant progressivement de l’eau glacée pour obtenir une émulsion parfaitement lisse.
- Assaisonnement : Incorporer le sel nitrité et toutes les épices en fin de mixage.
- Embossage : Embosser dans les boyaux de mouton fins. Former des saucisses de 13 à 15 cm. Torsader les unes entre les autres.
- Repos : Réfrigérer 12 h.
- Fumage : Fumer à chaud (65-70 °C) au bois de hêtre pendant 1 à 2 h, jusqu’à obtenir une coloration brun-dorée.
- Pochage : Pocher pendant 10 à 12 minutes à 75 °C.
- Refroidissement : Plonger dans l’eau glacée. Réfrigérer.
- Service : Réchauffer en pochant dans l’eau chaude (jamais bouillante). Servir avec la choucroute, des pommes de terre à la vapeur et de la moutarde forte.
La saucisse de Strasbourg, couramment appelée knack en référence au craquement de sa peau sous la dent, est embossée exclusivement dans un boyau de mouton, plus fin et plus fragile que le boyau de porc. C’est ce boyau qui produit le craquement caractéristique à la première bouchée, à l’origine de son surnom. Sa fabrication repose sur un cahier des charges professionnel, et non sur une IGP européenne : elle doit contenir au moins 75 % de viande de porc et de bœuf et être fumée au hêtre.
La saucisse de Strasbourg s’inscrit dans la tradition charcutière rhénane partagée avec la Frankfurter würstchen, dont elle est techniquement proche : même technique d’émulsion fine, même fumage au bois de hêtre, même boyau de mouton. L’Alsace et le Palatinat ont longtemps constitué un espace charcutier commun, parcouru par les mêmes compagnons itinérants. La région ayant été rattachée à l’Allemagne de 1871 à 1918, puis à nouveau de 1940 à 1944, la charcuterie alsacienne a développé des techniques d’inspiration germanique qui ont perduré après la réintégration définitive de l’Alsace à la France en 1945. Mais c’est depuis 1918 que la saucisse de Strasbourg a suivi une trajectoire administrative et commerciale distincte de celle de la Frankfurter, sans que les deux produits cessent d’être techniquement apparentés.
Elle ne connaît pas de variantes régionales codifiées. En l’absence d’IGP, sa composition varie selon les fabricants, dans de larges limites. Les versions industrielles, commercialisées sous des noms comme knack d’Alsace ou Knacki, s’éloignent souvent de la composition originale en remplaçant le boyau naturel par un boyau synthétique et en modifiant les proportions de viande.
Sa consommation est étroitement liée à la choucroute alsacienne garnie. Dans ce plat, la saucisse est cuite dans la choucroute pendant la dernière demi-heure de cuisson : l’acidité du chou fermenté pénètre à l’intérieur de la saucisse, tandis que sa graisse enrichit le chou. Cet échange de saveurs lors de la cuisson lente distingue la saucisse de Strasbourg cuite dans la choucroute de celle simplement pochée ou grillée. Elle est également consommée, réchauffée dans de l’eau chaude, et servie avec de la moutarde forte et du pain.
Parmi les saucisses françaises, la saucisse de Strasbourg est, avec la saucisse de Toulouse et la chipolata, l’une des trois saucisses fraîches les plus vendues en France. Elle est présente dans tous les circuits de distribution nationaux.
L’absence d’IGP expose son nom à une utilisation sans contraintes d’origine ni de composition, ce qui a conduit à une prolifération de produits industriels portant le même nom, aux caractéristiques très éloignées de la version artisanale alsacienne d’origine. Une demande d’IGP a été déposée pour la knack d’Alsace, mais le dossier a été retiré en 2015 sans aboutir. Cette situation est comparable à celle de la Frankfurter face au hot-dog : un nom entré dans le vocabulaire courant au détriment de l’appellation d’origine.
Le livre
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